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UN DISPENSAIRE DANS SON VILLAGE 


       

26 Décembre 2014

De retour de notre voyage d'exploration, nous pouvons vous annoncer le succès de notre Camp Médical du 29 novembre. Les résultats de cette journée, que nous attendions depuis longtemps, ont dépassé tous nos espoirs!

Nous avions beaucoup travaillé, durant des mois, pour la préparation de ce voyage : à l'origine, son but n'était qu'une sorte de reconnaissance pour examiner les lieux et considérer l'achat d'un terrain possible, où construire notre futur dispensaire. Cependant rapidement, il m'a semblé dommage de passer ainsi sur place, avec l'immense avantage d'être accompagné par un médecin de grande valeur, les mains dans les poches et de ne rien y faire. C'était l'occasion parfaite pour présenter aux villageois l'un des leurs, le docteur Hari Krishna Dhakal, en action : au contraire de tous ces médecins népalais formés à l'étranger qui délaissent leurs régions isolées de l'Himalaya pour s'installer confortablement et s'enrichir à la capitale, Hari souhaite se dévouer à la communauté rurale de ce village reculé, à 2200 mètres d'altitude! D'un commun accord et sans hésiter, nous avons décidé d'organiser un Camp Médical d'une journée, le 29 Novembre 2014, pour consulter, soigner et soulager le plus de malades possible soit plusieurs milliers de villageois dans les environs.

Sur place, il a fallu résoudre de nombreux détails matériels, choix et réservation des véhicules, des hébergements, mais surtout contacter les personnes indispensables à la bonne exécution de notre projet. En priorité les responsables du village de Laprak, pour les sensibiliser et les associer à notre projet global d'achat d'un grand terrain pour la construction d'un dispensaire dans les années à venir mais aussi obtenir leur accord pour la réalisation plus ponctuelle de notre Camp Médical.

De même et grâce aux importantes relations du docteur Dhakal dans les hôpitaux de Katmandou, recruter une équipe médicale de valeur, capable d'être patiemment à l'écoute de centaines de personnes durant une très longue journée, ainsi que volontaire pour soigner dans un environnement qui leur était étranger et froid, après un long trajet épuisant et dangereux de transport sur piste. Onze personnes ont répondu présents : 3 médecins dont Hari, un pédiatre et une gynécologue, 5 infirmières, 1 pharmacien et sa fille étudiante en médecine, 1 aide soignant. Nous avions évidemment un budget pour les prendre intégralement en charge, non seulement leur salaire mais leur transport et leur hébergement.

Longtemps avant la date prévue de notre action médicale, le 29 novembre 2014, nous avions lancé une campagne d'information par affichettes apposées dans tous les villages des environs, messages diffusés par la radio FM locale, tournée d'amis dans les villages pour avertir le plus grand nombre de personnes possible.

Le poste le plus important de notre budget consistait, évidemment, en une liste impressionnante de médicaments appropriés, soit 1300 €.

Autrefois uniquement accessible par un chemin, une piste coupée "sauvagement" à flanc de montagne, chaotique et dangereuse, rejoint depuis peu le village de Laprak. A notre arrivée le 28 Novembre au soir, une énorme foule d'habitants nous attendait : tout au long de la descente vers le village, des centaines de "Namasté" bonjour-bienvenue, de colliers de fleurs, de sourires accompagnés par une fanfare stridente nous ont littéralement portés jusqu'à l'école. On nous a donné des places de choix dans la salle principale où tous les responsables étaient présents pour nous souhaiter la bienvenue. Chacun s'est présenté tour à tour, a décliné sa fonction ou simplement son nom, en gurung, népalais ou anglais. Ensuite on s'est retiré dans une lodge toute simple, cabane de bois avec un toit de tôles ondulées et glaciale la nuit.

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Le lendemain matin, nous sommes d'abord allés visiter le terrain dont les villageois nous avaient parlé. Nous avons été heureusement surpris par sa belle situation, son ampleur, son ensoleillement: deux sources peuvent irriguer les lieux et un mamelon de terrain pourrait même former un héliport pour les urgences! Après délibération avec les responsables sur les formalités administratives à réaliser pour pouvoir en concrétiser l'achat, nous nous sommes donnés toute l'année 2015 pour clarifier certaines inconnues (titres de propriété) et finaliser un projet d'acquisition, soit pour le retour de Hari après avoir terminé sa spécialisation aux Philippines.

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Vers 9 heures, le Camp Medical a été ouvert dans la grande cour de l'école : des centaines de Gurungs (l'une des nombreuses ethnies du Népal), certains partis de leurs villages très tôt ce matin, à plusieurs heures à pied, étaient déjà présents et faisaient la queue dans des lignes tracées par des cordes. Une dizaine de volontaires du village canalisait la foule, rapidement énorme, en distribuant des feuilles à chacun, indiquant le but de leur consultation et orientait les femmes, les mères et leurs enfants, puis les hommes, en trois files principales. Les infirmières prenaient le relais, notamment en vérifiant la tension des patients. Tout se déroulait avec discipline et sans aucune bousculade. Chacun tenait sa feuille, sorte d'ordonnance, avec les indications inscrites au fur et à mesure. Les queues étaient d'une longueur impressionnante! Les bancs et les chaises de l'école avaient été sortis et les gens très agés y attendaient patiemment, en discutant d'un air amusé par une telle distraction inhabituelle. Au bout de chaque file, les trois médecins responsables, attablés avec l'équipement nécessaire (stéthoscope, etc..) faisaient enfin asseoir leurs patients, questionnaient avec le sourire, palpaient les membres, auscultaient, demandaient de tousser puis complétaient l'ordonnance et, selon leur diagnostic les envoyaient vers la pharmacie ou la distribution de lunettes.
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Le pédiatre, Nishan, jeune médecin formé en Chine, disparaissait, noyé au milieu des enfants et de leurs mères, assis face à son jeune patient, d'un calme extraordinaire parmi cette foule très compacte et bruyante. Dans une grande salle, Mani, le pharmacien, avait disposé des centaines de flacons, d'emballages sur de longues tables. Aidé de sa fille, étudiante en pharmacie, il faisait poliment entrer les villageois qui attendaient timidement à la porte et leur posait dans les mains les médicaments nécessaires, avec de nombreuses explications pour leur bonne prise. Dans la pièce d'à côté, notre aide soignant gérait, à la fois et selon les besoins, petites interventions et distribution de lunettes, amenées de France par Dominique. Les gens âgés ressortaient et se regroupaient pour constater qu'il leur était possible de lire le journal.
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Notre propre participation a été, bien entendu, beaucoup plus limitée : nous nous sommes relayés pour distribuer 400 dentifrices, brosses à dents et stylos.

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Cette journée fut longue, 14 heures! 1004 patients ont été recensés! 396 femmes, 204 enfants de moins de 14 ans et 404 hommes.
Beaucoup d'autres, les plus tardifs, ont dû malheureusement faire demi-tour et rentrer chez eux, sans pouvoir consulter.
Ce fait sera la conclusion majeure de cette journée : le manque crucial d'infrastructure médicale et donc, le besoin impérieux d'un dispensaire local! Preuve et démonstration de la légitimité de notre but associatif, construire "Un Dispensaire dans son village".
Tous ont exprimé l'inquiétude de ne pas pouvoir compter sur une aide médicale, stable et pérenne, proche de leur village.

Hari nous a communiqué les pathologies les plus importantes de la journée. Gastro-entérites, otites, pneumonies, gale, bronchopneumonie obstructive, oesophagite peptique, infections osseuses bactériennes, prolapsus gynécologiques, maladies du périnées et inflammations du pelvis, hypertension artérielle, troubles neurologiques post-traumatiques, tuberculose.
De même, il ajoute que les patients exprimaient très fréquemment leur soulagement au simple fait qu'un médecin les écoute, les ausculte, les palpe, leur demande si l'action de lever le bras était pénible, soit s'occupe d'eux : Hari souligne donc l'importance psychologique d'une écoute médicale pour ces villageois qui, en très grande majorité n'ont jamais vu de médecin. "Le soin psychologique a été déterminant".

Au delà des mots, les images sauront compléter tout ce que je ne saurai exprimer : je vous invite à voir les photos et vidéos de Brigitte, qui s'occupe de notre site.

Un grand merci et Namasté fraternels à nos amis locaux qui nous ont, à tout moment et durant des mois de préparation, généreusement dispensé leur soutien, leur affection, preuves d'une longue amitié, 22 ans pour certains!
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Docteur Hari Krishna Dhakal, le plus important d'entre nous tous, sans qui rien n'aurait été, ne sera possible et dorénavant l'acteur prépondérant de notre association.
Ram Kumar Gurung, notre plus vieil ami, lien et fidèle représentant du village de Laprak.
Toute l'équipe médicale qui a su, non seulement se rendre disponible malgré leurs astreintes dans les différents hôpitaux de Katmandou mais aussi rester dévouée, toujours gaie, volontaire durant les conditions difficiles, de transport, d'hébergement, la somme énorme de travail réalisé en cette unique journée.
Les docteurs : Radhika KUNWAR (gynécologue), Nishan NEPAL (pédiatre) et le coordinateur de tout le groupe, Hari Krishna DHAKAL.
Les infirmières : Akanchya SHARMA, Jyoti BUDHA, Dawa SANGMU, Sapana GURUNG (fille de Ram Kumar Gurung déjà cité), Ashmita GIRI,
L'aide soignant (petites interventions et lunettes), Madhu KUMAR,
Le pharmacien Mani Raj SHRESTHA et sa fille étudiante Manita SHRESTHA.

Nos soutiens à Katmandou, Ashok Dai et Sailendra.
Nos camarades Gurung toujours disponibles, Dhané et Suké, Bahadur Gurung.

Toute ma reconnaissance aux quatre membres de notre Association, qui m'ont accompagné dans cette belle aventure et qui en ont permis la réalisation, grâce à leur générosité.
Brigitte Meyer, Dominique Gauthier, Bernard Molliet (Société SETAM) et Jean-Pierre Richard (Les Transports RICHARD).

Gérard Naigeon.

                                               

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