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UN DISPENSAIRE DANS SON VILLAGE 


       

23 Novembre 2016

Bonjour à tous, Namaste!

Je reviens d'un séjour de plus de deux mois au Népal dont la plus grande partie à Gupsi, le nouveau village déplacé des Laprakis, à 2800m.

Malgré le constat très défavorable du gouvernement après le séisme d'avril 2015, le vieux village de Laprak, proche des champs qui les nourrissent, a été sommairement rebâti, pierre sur pierre. La population se partage donc entre ces deux lieux, à 50 minutes de distance et 800 m d'altitude (raide !).
A Gupsi, les anciens pâturages donnés à la communauté par le gouvernement pour une nouvelle implantation le long de la piste, se sont transformés en cabanes temporaires de tôles ondulées et bâches plastiques. Le lieu est inhospitalier, venté car proche du col à 2900 m et tôt dans l'après-midi abandonné par le soleil qui passe derrière la crête. Peu d'électricité et uniquement solaire, pas d'eau courante, ni connexion téléphone sinon erratique (solaire aussi).
Durant la saison sèche, de novembre à mai, pénurie d'eau importante (grâce à la mousson, nous avons pu stocker suffisamment de réserves dans 3 citernes de 1000 litres pour réaliser nos nombreux m3 de béton).
Des projets sont en cours, ou plutôt à l'étude...dont un captage d'eau à15 km...
Mais, au contraire du "vieux village" de Laprak isolé dans la pente raide, la piste chaotique qui monte de Gorkha via la vallée de la Dorandi Khola, Baluwa et Barpak, est bien présente et c'est l'endroit où le gouvernement impose l'implantation de 600 maisonnettes, promesse et chantier théoriquement réalisés par l'importante NRNA, "des Népalais Non Résidents et qui ont plus ou moins fait fortune à l'étranger". Ce chantier important devait commencer cet automne mais, à part un ballet d'hélicoptères venu déposer le Premier Ministre et ses assistants pour "poser la première pierre", je n'ai vu personne. Pour les travaux, un forfait de 2500 € est prévu par foyer, dont 500 de transport...difficile d'imaginer une réalisation antisismique, dorénavant obligatoire, avec un budget si maigre !

En ce qui nous concerne, comme nous vous l'avions annoncé Hari et moi, en parfait accord cet été, j'ai bien lancé la construction de notre grand projet, motif même de l'association, un dispensaire au village de Laprak.

                                        AVANT                                                                                                         APRES

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Les nombreux problèmes d'organisation inhérents à ce pays m'ont causé sur place beaucoup de retard : une mousson très longue avec des orages et des glissements de terrain ont laissé la piste impraticable jusqu'à mi-octobre puis chaotique à cause des tracteurs qui ont transformé le terrain boueux et gorgé d'eau en ornières gigantesques (6 heures pour 45 km). Nous attendions beaucoup de matériel et les livraisons étaient très compliquées et aléatoires.
22 tonnes de ciment, 35 tonnes de sable et 60 tonnes de graviers !
40 rotations de tracteur (12 heures AR) au minimum ont été nécessaires !
Deux fêtes hindoues importantes, Dashaïn et Tihar, ont aussi interrompu le travail pendant une dizaine de jours.
Une mousson tardive donc mais aussi un hiver précoce (gel vers le 15 novembre) n'ont laissé qu'une période de travail courte. Heureusement, j'ai pu récupérer le temps perdu grâce au choix d'une équipe très performante, enthousiaste, rigoureuse et volontaire d'une dizaine de villageois rémunérés (1000 Rs/jour/personne soit 8,50 €). Plusieurs d'entre eux avaient déjà travaillé dans le bâtiment à l'étranger, Qatar, Arabie Saoudite, Malaisie, etc...

Cela a été un grand plaisir de travailler quotidiennement avec eux. Je suis resté sur place pour démarrer, expliquer et participer pleinement, physiquement à chaque journée de travail. Pour m'assurer de la bonne mise en oeuvre, j'ai géré les travaux en direct et pris part à chacune des étapes. De 8h à midi et de 13 à 17h !

- fin septembre : montée du matériel de base (pelles, pioches, etc...) avec des porteurs pour pouvoir commencer à creuser les fouilles des fondations (piste impraticable même pour les tracteurs)

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- début octobre : pose des "chaises" pour délimiter le terrain et implanter le dispensaire : 11,30 x 11,30 m. Décapage du terrain sur 14 cm.

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- on creuse les fondations à la main, sous les averses et dans la boue : 88 mètres linéaires x 80 cm de profondeur x 60 cm de large soit, 42 m3 de terre. Rochers fracturés à la masse. Il faut recouvrir les fouilles de bâches pour les protéger des pluies abondantes.


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- 10 octobre : malgré leur hauteur de roue, les tracteurs de livraison s'embourbent sur notre piste d'accès (créée spécialement par un bulldozer pour livrer le matériel jusqu'au chantier, en haut du village, coût 2882 €) et déposent 65 sacs de 50 kg de ciment + 2 tonnes de ferraillage (2520 cadres, étriers commandés sur mesure à Katmandou, budget 1755 €) en bas du village, loin de notre chantier !

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Il faut donc tout monter à dos d'homme: de même l'indispensable bétonnière achetée neuve en juin dernier (2300 €). Très impressionnant de voir une vingtaine de villageois avec de nombreuses jeunes femmes, pousser et tirer cette machine sur 1 km, tout en chantant et riant! Quel courage, quelle joie, quel engagement!

 

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- 12 octobre : j'envoie une équipe de 15 personnes dont de nombreuses femmes pour briser des rochers et empierrer notre "rampe" d'accès en remplissant les ornières de boue, unique solution pour permettre aux livraisons d'arriver, enfin, jusqu'au chantier.
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- Mi-octobre : fabrication des chaînages de fondations : 6 fers longitudinaux de 16 mm + cadres et étriers de 8 mm. 2 chaînages identiques superposés sur les 80 cm de profondeur.

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- 17 octobre : on démarre la bétonnière, moteur diesel puissant : fonds de fouilles de 4 cm d'épaisseur en béton à 350 kg de ciment au m3.
959- 19 octobre : Jean-Pierre Richard me rejoint au village pour m'aider sur le chantier. Un très grand merci à lui ! De plus il vient nous livrer la voiture 4x4 Mahindra Boléro. Grâce au financement participatif que j'ai lancé en début d'année (16 000 €), nous offrons ce 4x4 aux villageois, en guise d'ambulance pour les urgences. Acheté en mai, ce véhicule est resté bâché à Pokhara et n'avait pas pu être livré jusqu'à maintenant, la mousson rendant la piste impraticable.

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- le lendemain, 20 octobre : 1ère évacuation médicale d'urgence grâce au 4x4. Un jeune Lapraki qui campait en alpages (moutons, chèvres), a fait une chute importante : double fracture péroné/tibia. L'accident a eu lieu vers 16h en montagne et, transporté dans une hotte, il arrive au village à minuit...à 5h on me réveille pour demander l'évacuation...j'imagine ce qu'il va endurer durant les 6 heures de piste qui vont suivre...

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En ce qui concerne ce4x4 Mahindra Bolero : le village a constitué un Comité de gestion. Une caisse est créée pour les coûts de maintenance, diesel, assurance et salaire du chauffeur. Pour couvrir ces frais incontournables, une somme parfaitement adaptée à la distance et évidemment très inférieure à ce qu'exigent les transporteurs professionnels, y est versée à chaque évacuation. Avec une telle piste chaotique, à quand le changement de train de pneus ? C'est la voiture la plus présente dans la région, preuve de sa popularité et donc de sa robustesse.

- du 20 au 24 octobre : bétonnage du 1er niveau des fondations et implantation des chainages pour 16 poteaux (fers verticaux de 16 mm avec cadres de 20 x 20 cm en 8 mm).
 

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- du 24 au 28 octobre : on termine le bétonnage du second niveau des fondations.

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- 29 octobre : tracé du sous-bassement de 40 x 40 cm, qui protégera des inondations.

1160- 30 octobre : coffrage en contre plaqué de 10 mm + ferraillage 4 fers longitudinaux de 16 mm avec cadre de 6 mm chaque 20 cm.
1175- 4 novembre : le froid arrive déjà ! 1° C au réveil dans la cabanne en tôles ondulées qui me sert de chambre.

- 7 novembre : fin du bétonnage du sous-bassement.
1211- 8 novembre : préparation de l'empierrage ou hérissons de 27 cm d'épaisseur sous les dalles du rez-de-chaussée. Rochers locaux fracturés à la masse par les hommes et transportés sur place dans leurs hottes par les femmes (Bahinis). On termine d'en faire du gravier à la massette, dans les cadres à remplir. Grâce à une équipe très performante de 15 personnes, impressionnant travail de la pierre!
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- 9 novembre : pose d'un film plastique puis d'un treillis en fer de 12 mm avec espacement de 25 cm et enfin 1er bétonnage d'une dalle de 13 cm d'épaisseur.

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- jusqu'au 20 novembre : fin du bétonnage des 8 dalles restantes et programme de l'automne terminé ! Les travaux s'arrêtent pour l'hiver qui est maintenant bien présent et ne reprendront qu'au printemps prochain.

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Malgré un départ très lent et problématique, grâce à cette équipe fiable et rapide, le programme ainsi que le budget ont été respectés.

Et pour faire les comptes, les postes les plus importants :
- Plans par architecte népalais pour obtention du permis de construire : 590 €
- Frais pour démarches administratives de Ram Kumar : 225 €
- Percement d'un accès au chantier par bulldozer, piste de terre : 2880 €
- Achat de la bétonnière "made in India" : 2300 €
- Fabrication des cadres et étriers sur mesure à Katmandou : 1755 €
- Achat total de 440 sacs de 50 kg de ciment + sable + graviers + 3 tonnes de fers de 16 mm + fers de 12 mm : 5800 €
- Transport total du matériel par tracteur pour cette 1ère phase : 8285 €
- Main d'oeuvre locale à 8,50 €/jour/personne : dans l'attente du calcul local (cahier de présence oblige!) estimée à 3900 € (pour 10 à 16 personnes selon les tâches).

Total pour cette 1ère tranche de travaux, automne 2016 : 25 735 €

A ajouter en prévision de la seconde phase au printemps 2017 :
- Transport supplémentaire de 15 tracteurs de sable + 10 de graviers pour la 2ème phase du printemps 2017, à stocker sur place en prévision d'une augmentation des prix et une pénurie des matériaux, à cause du lancement prévu du chantier très important "NRNA" qui débutera en 2017 : + 4200 €
soit un nouveau total de 29 935 €

Prévisions pour la seconde tranche, au printemps, mars 2017 :                                                                                      

                                                                                
- Pour les murs : 30 000 briques pleines 1er choix : 3985 €
- Transport : approximativement 25 rotations de tracteur : 4200 €
- Menuiserie : 7 fenêtres + 7 volets + 10 portes : dans l'attente de précisions quant à leur exécution locale possible, estimation maximale de 7000 €
- Estimation de la main d'oeuvre sur 60 jours : 7 maçons (12€/jour/personne) + 3 assistants (8,50 €/jour/personne): 6800 €
- Ciment : 1100 €
- Fers à béton de 16 mm + 7 mm : 1500 €
- Divers matériels : 2000 €
Total : arrondi à 26 500 €

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                                 La dernière paye                                                               Les briques 1er choix, prévues pour les murs

Merci à vous tous qui nous avez permis d'avancer et de lancer concrètement ce chantier parasismique (légalement obligatoire pour les bâtiments publics). Les 600 foyers des villageois de Laprak m'ont chargé de vous transmettre toute leur gratitude. Cette petite structure médicale viendra combler un manque fondamental. Ce besoin de base est absolu. Ils ont pu, jour après jour, assister, participer avec moi dans l'équipe, constater le sérieux technique de notre engagement sur place et dorénavant, ce projet est une réalité !
Déjà le 4x4 qui assure les évacuations les réconforte mais, qu'enfin après tant d'hésitations et de belles paroles, un bâtiment sorte de terre, ils y croient !
Nombreuses sont les associations qui passent mais, nous sommes les premiers à concrétiser physiquement notre engagement : malgré les turpitudes inhérentes au pays, ce projet a pris corps et existe.

La troisième et dernière tranche de la construction sera à l'automne 2017. Elle concernera le plafond-dalle en béton de 15 cm d'épaisseur (second diaphragme obligatoire d'une construction parasismique avec le rez-de-chaussée) puis, le toit en structure légère. Comme me l'a demandé le docteur Hari Krishna Dhakal, des attentes en fer de 16 mm, noyées dans des poteaux de béton maigre, seront laissées pour une éventuelle extension, selon le développement que pourra prendre ce dispensaire.
Rappelons qu'il sera évidemment aussi consacré au service des autres villages proches (Barpak, Gumda, Singhla, Lapsibhot, Yamgaon et voire bien plus dans la vallée proche de la Buri Gandaki), soit un bassin de population d'au moins 12 000 personnes dont, de nombreux enfants et leurs jeunes mères.

Seul votre soutien constant me permettra de mener à terme cette construction.
De mon côté, je vous réaffirme mon engagement total à gérer en direct les travaux sur place, ainsi que contrôler rigoureusement les budgets engagés, sans compter mon temps et mes efforts.
Jusqu'à maintenant vous nous avez toujours soutenus et j'ai confiance.
Je compte donc sur vous pour aller, ensemble, jusqu'au bout de cette belle aventure.

Pour un "Dispensaire dans son village"

Gérard Naigeon
72 rue du Cardinal Lemoine 75005 Paris
gg-naige@sfr.fr

Compte bancaire de l'association
Crédit Mutuel : 22 rue Monge 75005 Paris
BIC : CMCIFR2A
Compte associatif n° : 000 202 810 04
                             

Retrouvez un message du Dr Hari Krishna DHAKAL en cliquant ICI

 

 

Des nouvelles de Laprak, où les choses ne se passent pas vraiment comme nous l'aurions souhaité.... à consulter ici.